L’association Bouge ton Coq imagine, expérimente et déploie des solutions concrètes pour mieux vivre dans les campagnes.

Bouge ton Coq a été récompensée pour son projet d’expérimentation des caisses de solidarité intégrées au fonctionnement des épiceries participatives prenant la forme d’une cagnotte locale alimentée par des entreprises et par des dons des habitants et permettant d’effectuer tous les mois des versements sur les “comptes-adhérents” de foyers de la commune en difficulté.

  • Bouge ton Coq, qu’est ce que c’est ?

Bouge ton CoQ est une association créée en 2020 par Christophe et Emmanuel Brochot, deux frères auvergnats, et Corentin Emery, vendéen engagé. Nous accompagnons les communes rurales dépourvues de commerce alimentaire dans la création d’épiceries participatives. À l’échelle nationale, plus de 280 communes ont été accompagnées, pour 235 épiceries ouvertes ou en cours d’ouverture. Une épicerie participative, c’est un point de vente de produits locaux (en moyenne 70% des produits) et un vecteur de lien social. Tenue par et pour les habitants, sur la base du bénévolat, l’épicerie tourne sans marge ni charge, grâce à l’aide de la commune.

Les retours des collectifs soulignent l’impact des épiceries participatives sur le lien social, la lutte contre l’isolement, la solidarité envers les foyers précaires et l’accès à une alimentation locale et de qualité. Constatant que l’épicerie ne peut répondre seule à l’ensemble de ces enjeux, Bouge ton CoQ a engagé depuis 2024 le déploiement de dispositifs complémentaires :

  • L’opération Vill’âge met à disposition des collectifs citoyens un véhicule 9 places facilitant l’accès aux commerces, aux soins et à la vie locale
  • Le projet CLAP’Théâtre, expérimenté dans plusieurs communes, propose une offre culturelle clé en main (six captations de pièce de théâtre à succès programmables entre octobre et mars), avec décor inclus, afin de renforcer l’accès à la culture en milieu rural
  • Un accompagnement spécifique à l’aide alimentaire est également proposé (dans les villages situés en zone blanche de l’aide alimentaire)
    • les foyers bénéficiaires deviennent adhérents de l’épicerie et bénéficient d’un soutien mensuel moyen de 40 € par adulte et 25 € par enfant, 60 € pour les seniors en précarité avec un abondement annuel de 5 000 € par commune, permettant de soutenir 5 à 10 foyers. C’est dans le cadre de ce projet que la Fondation du Domicile accompagne Bouge ton CoQ.
  • Comment le projet a-t’il vu le jour et qui en sont les bénéficiaires ?

Si les habitants des zones rurales sont les plus proches géographiquement des lieux de production des denrées alimentaires, l’accès à l’alimentation est bien plus limité qu’en zone urbaine. Les ruraux sont loin d’être en marge des 16% de la population française touchée par la précarité alimentaire mais l’aide alimentaire y est inaccessible. Les caisses de solidarité adossées à certaines de nos épicerie viennent répondre à un besoin criant, bien qu’invisibilisé dans le débat public, puisque 90% des épiceries du réseau se situent dans des zones blanches de l’aide alimentaire.

Les caisses de solidarité viennent en aide aux foyers les plus précaires du village, identifiés par le CCAS ou la mairie. Intégrés au collectif de l’épicerie participative lorsqu’ils ne sont pas déjà adhérents, ces foyers voient leur compte être rechargé chaque mois à hauteur de 40 € par adulte et 25 € par enfant, de façon anonyme. Un.e référent.e solidarité au sein de l’épicerie recharge le compte du foyer chaque mois, sans que personne d’autre ne soit au courant. Ce système est une condition sine qua none au bon fonctionnement de la caisse de solidarité : « L’anonymat, c’est important. Dans les petits villages, tout se sait… Si ça n’avait pas été anonyme, je ne suis pas sûr qu’on aurait accepté. » (bénéficiaire de Rilhac-Lastours).

Au-delà de la précarité alimentaire, ce projet répond également à un enjeu de lien social. L’isolement au sein de la commune va souvent de pair avec la précarité financière des foyers. Ce projet permet aux familles de sortir de l’isolement, comme en témoignent ces bénéficiaires de Rilhac-Lastours : « On vient plus aux évènements organisés depuis qu’on consomme à l’épicerie. Avant, on ne se sentait pas vraiment légitimes. Une fois par mois, il y a une soirée jeux organisée pour les enfants, on essaie de les emmener.« 

Le soutien de la Fondation du Domicile a bénéficié à 5 caisses de solidarité sur le territoire : Fiac, La Feuillée, Rilhac-Lastours, Meulles et Terres de Bord.

  • Où en est l’expérimentation et quels sont les objectifs pour 2026 / 2027 ?

L’expérimentation a démontré que le besoin identifié était bien réel et que le déploiement de cette solution était nécessaire. D’ici la fin de l’année 2026, nous avons pour ambition d’atteindre 13 caisses de solidarité sur le territoire. Entre 5 et 10 foyers soutenus selon les caisses, représentant jusqu’à plus de 20 personnes par village. Notre volonté est de décupler notre nombre de caisses de solidarité, grâce au soutien de nos partenaires et des collectifs bénévoles.

Si développer des nouvelles caisses en 2027 est également un de nos objectifs, nous souhaitons aussi tout mettre en œuvre pour pérenniser les caisses existantes, qui ont vocation à durer plusieurs années.